At The Gates // Maja Bajevic, Camille Ducellier, Monique Frydman, Navine G. Khan-Dossos, Jesse Jones, Teresa Margolles, Olivia Plender, Artists’ Campaign to Repeal the Eighth Amendment

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At the Gates met à l’honneur les voix puissantes et singulières d’artistes engagées dans les histoires sociales et la politique de l’intime. Défiant la loi et les institutions, les œuvres se font ici l’écho de la lutte pour l’émancipation des femmes et pour leur droit à disposer de leur corps. La révocation historique du huitième amendement de la Constitution irlandaise, la légalisation de l’avortement en 2018 et les luttes qui l’ont précédées sont l’une des sources à partir desquelles l’exposition prend corps.

At the Gates présente huit artistes ou collectifs internationaux dont les œuvres se confrontent à la loi ou aux institutions à travers des récits de violence, de militantisme, de réparation et d’exploitation liés à l’expérience des femmes. Irriguée par les théories de Silvia Federici, qui observe une corrélation entre les origines de l’accumulation du capital et l’oppression systématique des femmes, At the Gates reflète la longue lutte menée par les femmes pour trouver, préserver et même restaurer leurs voix. Ces artistes et leurs projets témoignent de la force de ces voix, de ces images, de ces bannières, de ces objets et de ces œuvres à mesure qu’ils s’accumulent et alimentent le débat public.

Le titre est en partie inspiré de Devant la Loi de Franz Kafka. Dans cette nouvelle, un homme passe sa vie devant les portes de la Loi dans l’attente de s’y voir accorder le droit d’entrée. At the Gates renvoie également à l’appel lancé par la suffragiste Lavinia Dock en 1917 : « Dehors, les gardiens de la morale, dehors, les individualistes, dehors, les réactionnaires. La jeunesse est à vos portes ! »

At the Gates met à l’honneur des artistes qui ne demandent pas la permission. Pour citer Ailbhe Smyth (coprésidente de Together for YES, le mouvement irlandais officiel pour le droit à l’avortement) : « Vous devez d’abord déranger, vous devez d’abord perturber, il faut d’abord qu’il y ait un soulèvement… Quand la chair devient pierre, et quand la pierre devient chair… À l’image des sorcières, vous saviez exactement ce que nous devions faire, ce que nous devions entendre, ce que nous devions voir, ce que nous devions craindre. »

commissariat
Tessa Giblin, directrice de la Talbot Rice Gallery, Edimbourg, adapté avec Sophie Kaplan pour La Criée