Archive de décembre 2017

Mariana Castillo Deball

mardi 19 décembre 2017

Mariana Castillo Deball

Née en 1975 à Mexico, Mexique
Vit et travaille à Berlin, Allemagne
Représentée par la galerie Barbara Wien, Berlin

www.barbarawien.de

Souvent assimilé au registre de l’archéologue ou de l’historien, son travail tente de concilier tradition conceptuelle et esthétique innovante. Elle s’intéresse particulièrement aux relations entre art, histoire et historiographie et interroge la manière dont les institutions, bibliothèques ou musées, constituent une
classification symbolique du monde et une représentation organisée de la production culturelle, au travers de collections, de catalogues, d’archives, etc.
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Œuvre exposée

El donde estoy va desapareciendo / The where I am is vanishing, 2011
vidéo HD, 9 min 45 sec

Le film aborde le sort du Codex Borgia, un manuscrit aztèque du XVe siècle peint à l’origine sur une peau de cerf, ramené en Italie par les conquistadores, qui aurait été donné comme jouet aux enfants, avant d’être en partie brûlé et sauvé par le cardinal Borgia. Conservé depuis 1814 à la bibliothèque du Vatican, ce manuscrit préhispanique est considéré aujourd’hui comme l’un des plus précieux ouvrages pour les études mésoaméricaines. Ses images numérisées en bande apparaissent doublées en texte et en voix d’un langage poétique faisant du livre un personnage à part entière parlant à la première personne.

gerlach en koop

mardi 19 décembre 2017

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Collectif d’artistes actifs depuis 1997, ils travaillent en Belgique et au Pays-Bas.

www.gebr-genk.nl

Afin de s’affirmer en tant que collectif ils optent pour un nom unique se composant de leurs deux patronymes et s’écrivant en minuscule : sous entendant la perte de leurs identités respectives mais aussi une certaine dualité. Leurs interventions sont très souvent minimales: ils choisissent d’exposer des objets ordinaires, délaissant volontairement la dimension exceptionnelle. Ils peuvent ainsi démontrer à quel point notre environnement quotidien peut être surprenant, énigmatique voire incompréhensible. Leurs objets sont élégants et poétiques, contenant une grande part de mystère. Assemblés à d’autres, disposés les uns sur les autres (etc.) des objets se rencontrent dans l’espace d’exposition et révèlent leur potentiel à transmettre du sens par leur simple présence. Jouant avec les mots, les deux artistes adoptent des titres à la fois signifiants et laissant place à l’imaginaire du spectateur.
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Œuvre exposée

Pillow Objects
2017
a rubber mat on top of a cash drawer and a cash drawer on top of a rubber mat
ou
un tiroir-caisse sur un tapis en caoutchouc et un tapis en caoutchouc sur un tiroir-caisse

Le collectif néerlandais gerlach en koop se joue librement des associations, en proposant une nouvelle occurrence du Pillow Objects (objets coussins) : un tiroir-caisse sur un tapis en caoutchouc et un tapis en caoutchouc sur un tiroir-caisseLa pièce exposée fait partie d’une suite en chaîne qui associe à chaque fois deux objets très différents, positionnés en miroir, l’un dessus et l’autre dessous et dont le rapprochement laisse libre court à de multiples interprétations et associations d’idées. La démarche sculpturale et conceptuelle du collectif implique de modifier, de déplacer ou de dupliquer des objets ordinaires pour opérer des renversements formels et langagiers. Les « objets coussins » changent d’une exposition à une autre mais l’un d’eux conserve toujours la mémoire des précédents. Le tapis de caoutchouc est une forme de « synthèse » du dernier Pillow objects : un sac de terreau sur un portemanteau et un portemanteau sur un sac de terreau

 

Zin Taylor

mardi 19 décembre 2017

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Né en 1978 à Calgary, Canada
Vit et travaille à Paris, France
www.zintaylor.com
représenté par la galerie Supportico Lopez, Berlin –  www.supporticolopez.com

Son travail s’oriente vers des installations mêlant la performance, la sculpture, le dessin, les œuvres imprimées et la vidéo. Son œuvre se développe essentiellement sur un mode narratif, sous la forme d’histoires qui empruntent autant à la culture populaire (en particulier aux scènes musicales underground) qu’à l’art contemporain. Partageant une fascination pour le langage avec de nombreux artistes de sa génération, Zin Taylor examine les liens entre le mot et l’image à travers des publications ou des livres d’artiste qu’il publie généralement pour accompagner ses expositions.
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The Attic (part 2), 2017
dessin mural in-situ, acrylique
production La Criée
Structures to Filter a Room, 2017, plâtre, PVC, peinture acrylique, ficelle, 160x50x3 cm, courtesy l’artiste et Supportico Lopez, Berlin
The story of stripes and Dots (chapter9)- Tale of a dot/ L’histoire de bandes et de points (chapitre9)- le conte d’un point, 2017, enceinte, bois, tissu, bande son
production La Criée centre d’art contemporain courtesy l’artiste et Supportico Lopez, Berlin

Zin Taylor propose une variation de dessin La pensée d’un point traversant un espace (Le Grenier) réalisé à l’hiver 2017 sur les murs du centre d’art. On retrouve les formes et figures inspirés de ses voyages, de ses lectures et de la correspondance entre les artistes performeurs John Cage et Merce Cunningham dans les années 1970. Certains éléments ont été extraits du dessin initial, telle l’enceinte, pour être déployés en volumes présentés à terre ou suspendus. L’une des pièces diffuse la voix de l’artiste qui nous conte L’histoire des bandes et des points :

«Le point dans l’espace est une unité de son […] qui se transforme en une bande […] Ce sont les vagues du temps vibrant. Écoutez le flux électrique de leur mouvement.»

David Horvitz

mardi 19 décembre 2017

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Né en 1982 à Los Angeles, États-Unis
Vit et travaille à Los Angeles, États-Unis

www.davidhorvitz.com
représenté par la galerie ChertLüdde à Berlin – www.chert-berlin.org

David Horvitz travaille souvent avec la photographie, la performance, les livres d’art, les protocoles en ligne et le mail art. Dans sa pratique, il se confronte au temps et à ses standards de mesure, ainsi qu’aux phénomènes naturels et à leurs systèmes de rationalisation. Prenant les apparences d’actions ponctuelles, ses œuvres se déroulent souvent en continu et sont auto-génératives. Utilisant les différents systèmes de circulation, il rassemble et diffuse des images et des objets à travers des media comme internet, le courrier, les librairies, les objets trouvés.
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Œuvres Exposées

When the Ocean Sounds, 2017
51 affiches imprimées sur papier, affiche imprimée des instructions, à l’origine imprimée par un tampon encreur, 61×92 cm

Sans titre (Bretagne), 2017
3 objets uniques en verre soufflé

Watercolors, série de quatre aquarelles sur carton d’emballage, courtesy l’artiste et ChertLüdde, Berlin

Après avoir questionné la provenance de l’eau depuis les nuages (avec la pièce en néon Whenever I Take a shower I always wonder when the water was a cloud), l’artiste américain rassemble ici un certain nombre d’indices témoignant du potentiel artistique de l’océan. Sur les étagères, en hauteur, l’artiste présente des objets uniques en verre soufflé réalisé à partir de morceaux de verre collectés sur les plages bretonnes et des aquarelles peintes sur des cartons d’emballage envoyés par la poste à La Criée. Au mur, sont affichées les poésies concrètes de la série When the Ocean Sounds qui retranscrivent le son des vagues en onomatopées. Ces œuvres ont été inspirées et produites à l’issue de sa résidence à Moncontour dans les Côtes d’Armor en mai 2017, à l’invitation de La Criée pour le projet Territoires EXTRA / The Great Learning avec Félicia Atkinson et Barbara Sirieix.

Simon Starling

mardi 19 décembre 2017

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Né en 1967 à Epsom, Royaume-Uni
Vit et travaille à Los Angeles, État-Unis
représenté par la galerie Neugerriemschneider, Berlin

www.neugerriemschneider.com

Artiste conceptuel, Simon Starling est considéré comme l’un des artistes britanniques les plus audacieux de la scène internationale. Il s’intéresse de près aux problèmes de globalisation et d’environnement. En 1999 il a été le premier lauréat et bénéficiaire de la subvention du Blinky Palermo Grant, ouvert aux artistes du monde entier. En 2005 il a remporté le Prix Turner, récompense annuelle décernée par la Tate Britain à un artiste contemporain (généralement britannique) de moins de 50 ans. Le travail de Simon Starling fait de sculptures, d’installations et de voyages, ne relève pas complètement de l’art contemporain mais plutôt de l’art conceptuel comme production de liens, même si son travail évoque parfois l’histoire de l’art moderne. Ses expériences le placent dans le champ des sciences (géographie, botanique) et de l’histoire, mais son approche est plus poétique que scientifique.
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Œuvre exposée

Project for a Rift Valley Crossing, 2015-2017, Video, 18 min 38 sec
courtesy l’artiste et The Modern Institute/Toby Webster Ltd, Glasgow

Dans le film Project for a Rift Valley Crossing, Simon Startling apparait avec Yaron Deri à bord d’un canoë fabriqué à partir de magnésium extrait de la Mer Morte, filmé par un drone, et tentant la traversée depuis Israël jusqu’aux territoires occupés de la Jordanie.

 

Christian Xatrec

mardi 19 décembre 2017

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La pratique artistique de Christian Xatrec est théorique. Elle est fondée sur des recherches heuristiques, et herméneutiques dont la production s’est affranchi de toute dépendance économique ou logistique.

Parallèlement à ces recherches, il est depuis 2004 l’un des directeurs, de la Emily Harvey Foundation (New York/Venise) où il a développé un programme artistique expérimental et collectif à distance des réseaux officiels et institutionnels du monde de l’art. Sous sa direction, l’espace de la Emily Harvey Foundation s’est imposé à New York comme l’un des rares lieux dédiés à un art expérimental.
Avec Julia Robinson il a été le commissaire de l’exposition ± I96I, au Musée Reina Sofia, à Madrid en 2013, de plusieurs lectures/performances sur le travail de Jean Dupuy (CAPC – Bordeaux, 2013, la Station, Nice, 2014 et In vivo, Centre George Pompidou, 2015).

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Œuvre exposée

point de vue, 61’ (16 décembre 2017 – 15h)
production : La Criée centre d’art contemporain
courtesy l’artiste

Depuis de nombreuses années, Christian Xatrec, développe une pratique qu’il ne souhaite pas rendre publique ou alors occasionnellement sous la forme d’une présentation faite à une personne.
L’invitation qui lui a été faite par les commissaires de l’exposition «Alors que j’écoutais moi aussi […]”, l’a conduit à accepter de partager avec un plus large public, mais hors l’espace de l’exposition, sa pièce la plus récente intitulée point de vue, 61’ (16 décembre 2017 – 15h).

Eléanor Antin

mardi 19 décembre 2017

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Née en 1935 à New York, États-Unis
Vit et travaille à San Diego, États-Unis
Représentée par la galerie Ronald Feldman Fine Arts, Inc., New York

www.feldmangallery.com

Eleanor Antin est une des pionnières de l’art vidéo et conceptuel. Ses œuvres narratives se déploient sous différentes formes : la photographie, la vidéo, le film, la performance et l’installation. Elle utilise le déguisement et la performance pour amener à une critique de la représentation du corps féminin. Ses performances filmées et photographiées comportent un ensemble de personnages archétypaux et récurrents à travers lesquels elle explore la notion d’autoportrait et étudie la construction de l’identité. Ses œuvres sont travaillées dans la durée ou sous forme de séries. Ce temps long ou le principe d’occurrence sont autant d’occasion d’approfondir ses réflexions.
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Œuvres exposées

100 boots, 1971-73
51 cartes postales, 10x 8 cm chacune
courtesy l’artiste et Alden Projects, New York

Entre 1971 et 1973, Éléanor Antin réalise 100 boots, une série de cinquante et une photographies montrant cent bottes de pluie noires en caoutchouc, photographiées dans différents lieux des États-Unis. L’artiste fait de ces photographies des cartes postales qu’elle envoie à travers le monde. La correspondance épistolaire devient un médium artistique. Les versos et ainsi certains des destinataires auxquels ces cartes avaient été envoyées sont dévoilés dans cette seconde exposition. Se dessine alors le réseau amical et artistique d’Eleanor Antin et, pour le visiteur, une géographie mentale.

Mark Geffriaud

mardi 19 décembre 2017

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Né en 1977 à Vitry-sur-Seine, France
Vit et travaille à Paris
Représenté par la galerie gb agency, Paris

www.gbagency.fr

Les dispositifs de Mark Geffriaud tirent une ligne continue entre l’invisible qu’on touche du regard et ce que l’on voit en pensée. Des effets de transparence, des effets de loupe et un usage de la page ou du livre comme outils de représentation du monde constituent la grammaire délicate d’un art cosmique et alchimique. Autour de questionnements centrés sur la circulation et la perception des images et des formes, les œuvres de Mark Geffriaud dessinent une archéologie fragmentaire basée sur des associations libres et des rapprochements formels.

 

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Œuvre exposée

Cyrus, 2009 – ?
objet emballé
courtesy l’artiste et gb agency, Paris

Cyrus est le nom par lequel Mark Geffriaud désigne un objet qu’il a dérobé à l’artiste Éric Stephany qui l’avait invité à une exposition dans son appartement : plutôt que de ramener un objet ou une œuvre, Geffriaud choisi d’en trouver un directement dans l’appartement. Ils conviennent alors que cet objet pourra rester en la possession de Mark Geffriaud tant que son propriétaire ne saura pas identifier l’objet qui lui a été volé. S’il lui revient en mémoire, Geffriaud le lui restituera aussitôt et la pièce, qui n’aura plus d’existence matérielle et dont ils ne parleront plus, disparaîtra progressivement pour retomber dans l’oubli. Pour le moment, l’objet est parfois confié à un commissaire, un gardien ou toute autre personne présente dans le lieu qui l’accueille, avec pour seule instruction de le conserver caché dans sa poche le temps de l’exposition. Cyrus est comme un aide-mémoire à la diffusion de cette histoire, un trou de mémoire qui se rappelle un temps.

 

Shimabuku

mardi 19 décembre 2017

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Né en 1969 à Kobe, Japon
Vit et travaille à Berlin, Allemagne www.shimabuku.net
Représenté par Air de Paris, France www.airdeparis.com

Shimabuku parcourt le monde accumulant les rencontres insolites. Renouant avec une esthétique de la dérive situationniste, il a étudié à Osaka puis à San Fransisco pour ensuite voyager à travers différents ports du monde, au Japon, au Brésil, en France, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis. L’artiste expérimente différentes interactions possibles avec le vivant afin de repousser les limites physiques ou imaginaires. Ses œuvres sont très souvent accompagnées du récit de leur conception, révélant la part dûe au hasard. Elles se laissent volontiers raconter tout en véhiculant une image forte, transformant les personnages de ses mises en scènes en véritables icônes. La pieuvre apparaît ainsi ponctuellement dans différentes situations imaginées par l’artiste.
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Œuvre Exposée

Then, I decided to give a tour to the octopus from Akashi, 2000
Video, 6 min 56 sec
courtesy l’artiste et Air de Paris, Paris

La vidéo Then I decided to give a tour to the octopus from Akashi raconte le curieux voyage de l’artiste au Japon avec une pieuvre. Pêchée vivante dans la baie d’Akashi, l’artiste la présente aux passants, tentés de la manger, et la fait voyager en train, en taxi et dans les rues de Tokyo, avant finalement de lui faire retrouver l’océan. La vidéo interroge la culture japonaise, ses traditions culinaires, mais aussi les rencontres inattendues lors des voyages qui nourrissent les œuvres poétiques et fictionnelles de l’artiste.

Pierre Paulin

mardi 19 décembre 2017

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Né en 1982 à Grenoble, France
Vit et travaille à Paris, France
représenté par la galerie Emmanuel Hervé à Paris – http://emmanuelherve.com

À partir de sa position d’usager des nouvelles technologies, Pierre Paulin construit une œuvre nourrie par une expérience commune. L’obsolescence, ce moment où une technologie est remplacée par une autre, est un des moteurs de l’œuvre de l’artiste. C’est en effet au moment de son dépassement qu’une technologie trouve l’espace nécessaire pour déployer les promesses qui étaient présentes lors de son invention. La forme du rouleau, support premier de l’écriture, puis plus tard matrice du défilement cinématographique et de l’enregistrement informatique, est ainsi récurrente chez l’artiste.

Olivier Michelon

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Œuvre exposée

Complexe de 1986, n°4, deuxième édition, 2017, Boîte Nike, dubplate, 27x27x4,5 cm
Production : La Criée centre d’art contemporain, courtesy l’artiste

La pièce Complexe de 1986 n°4, #2 fait écho aux cylindres de rotogravures Oscillation d’une inquiétude exposés précédemment. L’artiste y avait notamment gravé un texte de sa composition sur l’angoisse produite par l’achat d’une paire de baskets avec une image d’un disque de groupe Run DMC (auteur de la chanson My Adidas). L’œuvre ici exposée propose une variation : elle se compose d’un dubplate, disque microsillon en acétate gravé d’un morceau de musique, contenu dans une boite fabriquée à partir d’un carton d’emballage reconnaissable au logo Jordan. Ce disque a été produit à partir de la bande-son d’une vidéo de Pierre Paulin, intitulée Complexe de 1986, n°4.